RTC et STM : on veut de l’OpenData! Et S.V.P., ne dépensez pas pour une App!

Dernièrement, j’ai laissé plusieurs commentaires dans la blogo/Twitto/Facebook-spèrere faisant allusion à l’erreur que le Réseau de Transport de la Capitale ne devrait pas embarquer dans l’aventure de développer des applications pour iPhone, Android, etc. Je m’étais promis d’en parler dans un billet, tâche à laquelle je m’acquitte en ce moment. Je sais que mon point de vue n’est pas apprécié d’un point de vue de l’utilisateur, mais dans un point de vue de professionnel de l’informatique.

Oui à l’OpenData

Le précepte qui supporte mon point de vue est que le RTC/la STM devraient rendre disponible les données au public, d’une façon où ses données sont formatés afin d’en faire le traitement par informatique plutôt que pour la consultation. Dans le cas qui nous concerne, le standard est le General Transit Feed Specification. Cette norme détaille dans quel format et de quelle façon les informations sur les arrêts, les lignes de bus, l’horaire, la tarification, etc. doivent être agencés, afin que ses informations puissent être utilisés par le public.

Un des buts premiers est de permettre l’utilisation des données dans un procédé informatique, incorporé à une base de données, etc. Différents usages peuvent émaner de l’utilisation de ces données. Par exemple, des chercheurs peuvent facilement utiliser les données des différentes sociétés de transport et calculer à l’aide d’indice de population certaines statistiques sur les utilisateurs. Des agents immobiliers pourraient incorporer ces données dans leurs systèmes afin de permettre d’automatiser la recherche ayant comme critère une proximité (ou non) aux lignes de transport en commun. Des commerces (exemple : cafés, boutiques, etc.) peuvent utiliser ces données afin de créer un panneau d’affichage électronique qui indique dans combien de temps le prochain autobus (de la ligne Y) va passer. etc.

Les faces cachées d’une application

En libérant les données, les sociétés publique de transport peut ainsi ne plus avoir à fournir une application officielle pour les différentes plateformes de téléphone intelligent (iPhone, Android, BlackBerry, Windows Phone, etc.), et évitant les coûteux frais de développement et de maintien de ces applications. Elle laisse ainsi l’opportunité aux développeurs tiers de développer des applications utilisant ces données. Cela permet aussi d’éviter d’avoir à supporter tout changement majeur. De plus, si demain, une compagnie sort un appareil (exemple le «écureuil phone»), ils n’auront pas à développer (ni en faire le support) une application fonctionnelle dans cette plate-forme (et ce qu’elle soit populaire ou non).

Également, le danger d’avoir des applications iPhone/Androïd/etc. est que les compagnies qui offrent un produit concurrent pourraient être en position d’exiger à ces sociétés qu’ils développent aussi une application officielle pour leur plateforme, étant donné que le RTC/ la STM sont des sociétés publique, qui ne pourrait pas favoriser/défavoriser un produit où un autre (du moins, elle pourrait être amené devant les tribunaux pour ça).

À la place, si la société libère les données et qu’elle développe un site de base, adapté aux téléphones mobiles (comme la STM), cette dernière ferait des énormes économies d’argent, économies qu’elle pourrait mettre dans l’amélioration du réseau et de l’équipement. Et ça libérerait le RTC de tout support de ces applications à valeur rajoutée (tant que l’information de base est disponible en ligne) ! De toute façon, le rôle du RTC n’est pas de faire ce genre de support et de développement, mais bel et bien de transporter les gens !

De plus, n’oublions pas que le RTC a pris près de quatre ans à rendre ses données accessibles à Google Transit (lancé en octobre 2007). En libérant les données, n’importe quel développeur aurait pu être en mesure de développer une application utilisant ces données, et ce, dès le début, plutôt que d’attendre que la plateforme devienne populaire. Même chose pour la STM, qui a faite l’intégration avec Google Transit depuis longtemps.

Et ça coute combien?

Et la bonne nouvelle dans tout ça : libérer les données ne coûterait pratiquement rien au RTC et à la STM, car cette dernière produit depuis la semaine dernière les données au format General Transit Feed Specification à Google. La société n’aurait qu’à créer une page indiquant l’URL où les données peuvent être téléchargées, et la licence d’utilisation qui définit quel usage et/ou quelles conditions les données peuvent être utilisée.

Malheureusement, j’ai un certain doute que les compagnies qui conseille et/ou fournissent leurs services informatiques au RTC ne propose pas de libérer les données au public, pour une simple et unique raison : ça leur ferait une énorme concurrence.

16 février 2011

Un commentaire

  1. Merci pour cette réflexion sur l’OpenData et les sociétés de transport. J’aimerais soulever quelques points.

    D’abord, je suis tout à fait conscient qu’il existe des coûts importants et parfois exhorbitants si on veut développer et mettre à jour des applications. Je ne crois pas qu’un transporteur devrait s’engager à cela.
    Je suis aussi en accord sur le fait que les choix technologiques des sociétés de transport et du RTC ont parfois été douteux et qu’ils n’ont peut-être pas toujours les ressources nécessaires, ou les bons sosu-contractants, pour faire des app de qualité au juste prix (c’est le cas de nombreuses autres entreprises et institutions qui s’embarquent dans des éléphants blanc informatiques). Mais il ne faut pas voir dans quelques échec une malédiction qui doit se répéter nécessairement. En étant un peu optimiste, ils peuvent réussir de bons coups.

    D’abord j’aime bien l’idée d’OpenData, mais ce n’est pas la panacée. La donnée accessible en elle-même ne donne rien tant qu’elle n’est pas organisée et diffusée de manière compréhensible. Ça peut être le rôle de programmeur privés, mais une sociétés de transport peut être très bien placée pour le faire. Ce sont elles qui connaissent le mieux leurs données, les possibilité de croisement avec d’autres sources et le profil de leur clientèle.

    Par exemple, la STM a intégré dans son application des données sur les Bixi et communauto. Ça en prend pas la tête à Papineau pour penser à ça, mais ils ont clairement une orientation qui vise à favoriser l’intermodalité puisque c’est une manière forte de vendre les transports collectifs et que la clientèle est intéressée par ça. En n’étant pas maître d’exploiter ses données, la STM pourrait beaucoup plus difficilement atteindre ses objectifs stratégiques! Il ne faut pas oublier que données=pouvoir (c’est pour ça que toute organisation qui se respecte collige et diffuse des données), on ne peut pas demander à une société de renoncer à son droit d’utiliser ses données, surtout quand elle a des objectifs comme celui de faire connaître son service!

    Où je rejoins votre propos, c’est qu’un ne doit pas empêcher l’autre et les données doivent rester accessible. Un programmeur privé peut très bien approcher le transport collectif d’un autre angle et faire une application géniale.

    Où je suis en total désaccord c’est à savoir si c’est ou non dans le mandat d’une société de transport de produire des applications. À mon sens, une application, en 2011, fait partie de l’offre de service d’une société de TC. C’est leur rôle non seulement de transporter les gens mais aussi de diffuser de l’information sur leur service et sur les perturbations. Elle ne peut pas seulement se reposer sur d’autres pour le faire, c’est une question d’imputabilité. Si une app privé avait des défaillances ou si le service était mal diffusé et que le RTC/STM n’avaient plus de mandat de diffusion et promotion, qui serait responsable? Offrir un service public sans le mettre en valeur est encore plus un gaspillage que de développer des applications à grands frais!

    Un fait que nous réalisons souvent dans le cadre de nos activités de sensibilisation, c’est que la population sous-estime et méconnaît les options de transport en commun. L’information voyageur est une moyen puissant pour atteindre davantage la clientèle et ça marche à bien des endroits.

    À mon sens, le développement d’application est un service additionnel complémentaire d’une société de transport. C’est triste à dire, mais il est probablement plus rentable que l’ajout d’heures de services et de nouveaux parcours dans des secteurs moins propices.

    Xavier Mercier Méthé
    Accès transports viables

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